Hildiid* & Deeqa* : « La seule chose que nous ayons mal faite, c’est de nous être choisis l’un l’autre »
Hildiid* et Deeqa*, un couple dont l'amour n’est accepté, n’ont eu d’autre choix que de fuir et d'endurer l’emprisonnement et la traversée de la mer.
Hildiid* & Deeqa* : « La seule chose que nous ayons mal faite, c’est de nous être choisis l’un l’autre »
Hildiid* & Deeqa*
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Hildiid* et Deeqa* sont un couple originaire de Somalie. Leur amour n’étant pas accepté au sein de leurs communautés, ils n’ont eu d’autre choix que de fuir. Ensemble, ils ont enduré l’emprisonnement et la traversée de la mer. Ils ont été secourus par l’Ocean Viking. Aujourd’hui, ils attendent un enfant et se réjouissent de fonder une famille, enfin en sécurité.
Les prémices
Hildiid a vingt et un ans et est issu des Madhibaan, un groupe minoritaire en Somalie. Sa femme, Deeqa, est issue des Mareexaan, l’un des groupes les plus importants et les plus puissants du pays. Lorsqu’ils ont décidé de se marier, leur relation n’a pas été acceptée par l’ensemble de la communauté. La plupart des membres de la famille de Deeqa les ont rejetés, tandis qu’Hildiid a fini par perdre tout contact avec sa propre famille.
« La seule chose que nous ayons mal faite, c’est de nous être choisis l’un l’autre », dit-il.
Ils se sont rencontrés il y a environ deux ans et demi dans une cafétéria et se sont mariés il y a un an. Malgré la discrimination qui les entourait, ils ont décidé de rester ensemble et d’essayer de se construire un avenir.
Pour Deeqa, grandir en Somalie signifiait vivre dans la violence, l’instabilité et la souffrance. Ce n’étaient pas des événements exceptionnels dans sa vie, mais la toile de fond de celle-ci. Même pendant les périodes plus calmes, les difficultés n’ont jamais complètement disparu. Sa mère était la seule personne de sa famille à les soutenir. Elle a accepté Hildiid. Elle a accepté leur relation.
« Je porte ma mère dans mon cœur partout où je vais », dit Deeqa. « Quand j’arriverai en Italie, j’essaierai de la contacter. »

L’enfer libyen
Lorsqu’il est devenu évident qu’ils ne pouvaient plus vivre en sécurité en Somalie, ni en tant que couple ni en tant que famille, Hildiid et Deeqa ont pris la décision de partir. Ils ont quitté le pays il y a cinq mois, car il n’était plus sûr d’y rester.
Le voyage de la Somalie à la Libye a duré environ vingt jours en voiture. Les conditions ont été très difficiles du début à la fin. À aucun moment les choses ne se sont améliorées. Les difficultés étaient constantes. À leur arrivée en Libye, ils ont été arrêtés ensemble et emmenés dans un grand centre de détention à Kufra, où ils sont restés quatre mois et dix jours.
Les conditions à l’intérieur étaient extrêmement dures. Il y avait de la violence, notamment des coups et des mauvais traitements physiques. L’hygiène était quasi inexistante. La nourriture était rare, et ils n’avaient aucun moyen de contacter qui que ce soit à l’extérieur.

La traversée
Pendant tout ce temps, Deeqa était enceinte. Elle et Hildiid se sont soutenus mutuellement pendant la détention, pendant le voyage qui a suivi, puis pendant la traversée en mer. Ils avaient peur, surtout sur l’eau, mais ils ont continué à se donner mutuellement de la force.
« Pendant la traversée, nous avions peur, mais nous nous sommes mutuellement donnés force et espoir. Nous avons cru plusieurs fois que nous allions mourir : le premier jour, le bateau s’est rempli d’eau pendant une tempête, et les jours suivants, il a pris l’eau et nous avons pensé que nous n’avions que peu de chances de nous en sortir. »
« Nous n’avions ni nourriture ni eau, et le soleil tapait fort toute la journée. Je me suis brûlé le visage au soleil et j’ai aussi eu du carburant sur les cheveux, c’est pour ça que j’ai dû les couper courts. Quand on a finalement été secourus en mer, on s’est enfin sentis en sécurité », nous raconte Deeqa.
Aujourd’hui, elle pense surtout à sa mère. Elle lui manque tous les jours et elle espère trouver un moyen de renouer avec elle bientôt. Plus que tout, elle et Hildiid aspirent à la stabilité : un endroit sûr où elles pourront élever leur enfant. Ils ont déjà prouvé qu’ils pouvaient survivre au pire. Maintenant, ils veulent juste avoir la chance de vivre.

Crédits photos : Marie Tihon / SOS MEDITERRANEE
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