Hamid* : "En Libye, il n’y a aucune sécurité. Ils entrent chez toi avec des armes et te volent."
Hamid, 20 ans, secouru par l'Ocean Viking le 15 juillet 2025, nous a partagé son périple depuis l'Erythrée.
Hamid* : "En Libye, il n’y a aucune sécurité. Ils entrent chez toi avec des armes et te volent."
Hamid
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J’ai été soldat pendant un an en Erythrée. J’ai été soldat pendant un an en Erythrée à cause de la guerre en 2020. Ils te diront que tu dois le faire. Il n’y a pas de loi. Si tu dis que tu ne veux pas, ils te tirent dessus. Si tu es soldat, il n’y a pas de salaire. Tu ne pourras pas aider ta famille.
Je suis parti à cause de la guerre et pour aider ma famille. Il n’y avait pas assez de travail dans mon pays à cause de la guerre et des dictateurs. Pas de travail et pas assez de sécurité.
Dans les petits villages, il n’y a ni électricité ni eau courante. Il faut marcher de nombreux kilomètres pour trouver de l’eau. Dans certains villages, il n’y a même pas de clinique. Certaines femmes enceintes mourront parce que la clinique est trop loin.
À 18 ans, j’ai traversé l’Érythrée pour aller en Éthiopie. Ma famille ne savait pas que j’allais partir. Je suis parti tout seul. Il m’a fallu plus de deux semaines pour aller d’Erythrée en Ethiopie. Si tu passes par la route, les soldats ou la police t’attrapent et t’envoient en prison. Je ne marchais que la nuit. Quand j’entendais des bruits d’animaux sauvages, je grimpais aux arbres pour être hors de portée.
Quand je suis arrivé en Ethiopie, j’étais là pour six mois. Mais à ce moment-là, une guerre a éclaté entre l’Éthiopie et l’Érythrée. Alors je suis parti pour le Soudan.
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J’ai été capturé au Soudan, puis envoyé et vendu à des Libyens qui disaient que ma famille devait payer 6000 $ pour ma liberté. Si tu dis que tu n’as pas d’argent, ils te tuent. Je n’avais pas le choix. J’ai appelé ma famille. Ils ont vendu leur petite maison et, après plusieurs mois, ils ont réuni la somme demandée. Ensuite, j’ai été vendu une deuxième fois. Ils ont demandé 5000 $.
Lorsqu’ils ont reçu l’argent, ils m’ont jeté sur la route à Tripoli. Je ne savais même pas où j’étais jusqu’à ce que je trouve des gens pour m’aider. J’ai fait tous les travaux que je pouvais trouver. Nettoyer des maisons, couper des cheveux…
En Libye, il n’y a aucune sécurité. Ils entrent chez toi avec des armes et volent ton téléphone, ton argent. Tu ne peux rien dire sous leurs menaces. Après un an, j’ai payé 1500 $ pour traverser la mer mais la police libyenne m’a arrêté à nouveau. J’ai dû payer 1500 $ pour ma libération. J’ai retravaillé encore, économisé encore, et tenté de traverser encore. Au total, cinq tentatives avant de réussir cette fois-ci.
J’ai un bébé, un petit garçon. Nous voulions traverser la mer ensemble, avec ma femme et mon bébé, mais nous n’avions pas assez d’argent. Ils sont passés deux mois avant moi. Ils sont maintenant en sécurité en Europe.
Je suis enfin en route pour les rejoindre et j’espère pouvoir aider ma famille restée en Érythrée.
Crédits photos : Francesca Volpi / SOS MEDITERRANEE
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