Le Soudan est confronté à la plus grave crise humanitaire au monde. Lors de nombre de nos sauvetages, nous rencontrons ses personnes.
Focus Soudan : “Si un citoyen fabrique une arme, que cette arme soit sa plume”
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Le Soudan, déchiré par la guerre, la famine et les déplacements forcés, est confronté à la plus grave crise humanitaire au monde. Alors que l'attention internationale reste malheureusement très limitée, des régions entières sont assiégées, des millions de personnes sont déracinées et les voies de sécurité ont disparu. De nombreuses familles soudanaises se retrouvent désormais piégées en Libye, prises entre la guerre et la mer. Pour SOS MEDITERRANEE, cette crise n'est pas lointaine. Lors de nombre de nos sauvetages, nous rencontrons ses personnes et partageons leurs histoires.
“Les armes ne résoudront pas le problème au Soudan, mais la société oui. Si un citoyen fabrique une arme, que cette arme soit ses mots, que cette arme soit sa plume. Nous ne devrions pas avoir à quitter notre pays et à traverser les mers pour aller dans d'autres pays afin d'obtenir des soins.”
“Les Soudanais.ses veulent-ils.elles la guerre ? Non. Ils.elles veulent étudier, trouver un emploi et contribuer au développement de leur pays. Pourquoi cela nous arrive-t-il ? Nous sommes jeunes. Nous avons le droit de vivre. Nous ne voulons rien. Juste la paix.”
Azim*, un jeune Soudanais qui a fui son pays natal.
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Notre équipe à bord de l’Ocean Viking a secouru Azim* et a recueilli ses réflexions sur l'absurdité et l'injustice de la guerre infligée à son peuple. Une situation qui le contraint à risquer sa vie pour trouver refuge ailleurs alors qu'il préférerait rester chez lui et contribuer au développement de son pays.
Cependant, la guerre et la famine au Soudan ont déchiré les communautés. Des régions entières sont assiégées, des millions de personnes sont contraintes de fuir, et les routes sûres ont disparu. Au total, 13 millions de personnes ont été forcées à fuir.
“J’aime profondément le Soudan, mais je n’avais pas d’autre choix que de partir. Nous espérions que notre pays serait libre, qu’il se développerait et deviendrait prospère. Les milices contrôlent le pays. Elles ne nous donneront plus aucune chance, nous n'avons plus d’espoir.”
Ali*, 20 ans.
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Des villes entières du Darfour sont détruites, des enfants meurent de faim derrière des frontières fermées. À El Fasher notamment, une ville dans le nord du Darfour, l’insécurité croît au fil des jours. La ville est encerclée par les forces armées (FSR) et n’a accès ni à la nourriture ni à des médicaments en quantité suffisante.
Yes*, secouru par l’Ocean Viking, nous a expliqué qu’il a marché pendant 15 jours dans le désert, ne survivant qu'avec de l'eau, pour échapper au recrutement forcé des FSR.
“Les citoyens soudanais font face à de nombreuses difficultés maintenant, parce qu’il n’y a pas d’issue de sortie. C’est déjà colonisé par les FSR. Si je n’avais pas fui, ils [les FSR] m’auraient arrêté et m’auraient forcé à être l’un des leurs.”
Yes*, 18 ans.
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Deux autres femmes, Mouna* et Souad*, plus récemment secourues par notre bateau, ont partagé leurs inquiétudes pour leurs familles restées au Soudan, dont les maisons ont déjà été détruites par la guerre.
“J'ai laissé mon autre enfant avec mon père malade au Soudan, nous ne pouvions pas les emmener tous les deux. Notre seul espoir est de vivre en paix avec nos enfants.”
Mouna.
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Les experts de l'ONU mettent en garde contre des atrocités qui pourraient constituer des crimes contre l'humanité. L’aide est bloquée, le choléra se propage dans les camps de déplacés et la faim est utilisée comme arme de guerre.
La plupart des Soudanaises et Soudanais que nous avons secouru.e.s n’avaient pas prévu de venir jusqu’en Europe. Les personnes fuient d’abord à l’intérieur du Soudan ou vers les pays voisins. À mesure que la guerre s'intensifie et que les frontières se ferment, elles se retrouvent souvent piégées en Libye, un endroit qu'elles décrivent comme un enfer.
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SOS MEDITERRANEE est témoin de cette crise. Depuis 2016, notre équipe a secouru près de 43 000 personnes, dont des centaines fuyant la guerre au Soudan. Leurs récits de souffrances, de résilience et d’espoir nous rappellent que le sauvetage en mer n’est qu’une partie d’une histoire humaine bien plus vaste.
Lorsque toutes les portes se ferment, traverser la mer devient souvent le seul moyen de survivre. Nous sommes présent.e.s en Méditerranée parce que les gouvernements se sont retirés, et la guerre au Soudan montre à quel point l'indifférence tue. Si les navires de recherche et de sauvetage sont empêchés d’agir ou que des personnes sont renvoyées de force en Libye, alors l’Europe tourne le dos, à celles et ceux qui cherchent à vivre en sécurité.
Personne ne devrait avoir à risquer sa vie pour vivre en sécurité.
Crédits photos :
Photo de couverture : Hannah Wallace Bowman / MSF
Photos dans l'article : Tess Barthes, Camille Martin Juan / SOS MEDITERRANEE
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